Lorsqu’une personne de notre entourage pense au suicide, on peut se sentir impuissant et démuni, s’interroger sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour l’aider. Bien que le dialogue avec la personne vulnérable soit parfois difficile à amorcer, il demeure important : les proches jouent un rôle déterminant dans la prévention du suicide. D’ailleurs, chacun de nous peut devoir agir pour un ami, un parent ou un collègue.

Il y a toujours une partie de la personne suicidaire qui veut vivre, et ce, jusqu’à la dernière minute. Notre aide peut agir sur la perception que la personne a d’elle-même (« je ne vaux rien »), des autres (« personne ne peut m’aider ») et de l’avenir (« ma situation ne changera jamais »).

« Mon chum, j’étais vraiment content quand tu m’as demandé de l’aide pour autre chose que déménager. »

COMMENT EN PARLER

    • Tentez d’établir un climat de confiance et choisissez un bon moment pour aborder la question.
    • Restez vous-même. Il n’est pas nécessaire d’être intervenant pour aborder le sujet.
    • Essayez de comprendre la personne en lui demandant ce qu’elle vit, en l’amenant à verbaliser ce qui ne va pas.
    • Écoutez-la sans jugement et avec ouverture. Prenez-la au sérieux en lui disant que vous vous inquiétez pour elle.
    • Posez-lui la question directement : « Penses-tu au suicide? ». Cela vous aidera à avoir une idée claire de la situation et des intentions de la personne. En le demandant directement, vous ne lui suggérez pas l’idée, vous ouvrez la porte à l’expression de sa souffrance. Si elle pense au suicide, elle pourra se sentir soulagée de le confier.
    • Si elle vous parle de ses idées suicidaires, demandez-lui si elle a songé au moyen de s’enlever la vie et au moment où elle le ferait.
    • Dites-lui qu’elle a eu raison de vous faire confiance et qu’elle peut compter sur vous, que vous allez chercher avec elle une ressource qui peut l’aider.
    • Méfiez-vous d’un mieux-être soudain alors que rien n’a été modifié. Cela peut représenter un signe avant-coureur d’un geste suicidaire. En cas de doute, parlez-en ouvertement.

Témoignage

Parler du suicide sauve des vies - Dave Morissette, 2018

L’importance des ressources d’aide

    • Ne vous isolez pas; il existe des services pour faciliter le dialogue et comprendre la situation. Les intervenants des centres de prévention du suicide, par exemple, offrent du soutien à l’entourage des personnes vulnérables au suicide. Vous n’avez pas à considérer ce que la personne vous a confié comme un secret. Ne pas en parler risque de limiter les interventions possibles.
    • Respectez vos limites. Rappelez-vous que vous n’êtes pas responsable des actes de la personne suicidaire ou de son mieux-être.
    • Encouragez la personne à aller chercher de l’aide auprès de ressources spécialisées (centre de prévention du suicide, CSSS, médecin, psychologue, programme d’aide aux employés de son milieu de travail, etc.) et accompagnez-la au besoin.
    • Remettez-lui les coordonnées de la Ligne québécoise de prévention du suicide, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 (1 866 APPELLE [277-3553]), ou du centre de prévention du suicide de sa région. Au besoin, soyez présent lors de l’appel téléphonique ou faites vous-même l’appel en sa présence. Il est souvent difficile pour une personne suicidaire d’aller chercher de l’aide; elle peut avoir besoin de soutien.

Le suicide est un phénomène complexe. Des personnes ont perdu un proche par suicide alors que celui-ci avait verbalisé ses intentions. D’autres ont tenté de poser la question, mais elles n’ont pas reçu de réponse claire ou n’ont pas eu l’occasion d’en parler. Parler n’est malheureusement pas une garantie que la personne ne posera pas de geste ou qu’elle ira mieux rapidement. L’entourage d’une personne suicidaire peut jouer un rôle, mais il n’est nullement responsable de son bien-être et de ses actions. Les proches font ce qu’ils peuvent avec les informations qu’ils détiennent.

Que faut-il éviter

    • Ne moralisez pas la personne vulnérable au suicide ou ne lui donnez pas vos recettes de bonheur. Chacun a sa propre conception du bonheur selon son vécu, sa personnalité. Ne lui dites pas de ne plus penser à la mort.
    • Évitez de minimiser la gravité de ses problèmes ou de la provoquer.
    • Ne faites pas de promesses que vous ne pourrez pas tenir (ex. : « Je te promets que tout va s’arranger. »).
    • Aidez la personne à chercher des solutions, mais évitez de tout faire à sa place.
    • Ne gardez pas le secret. Si la personne vous demande de ne pas en parler à d’autres, il est possible de promettre la discrétion tout en cherchant les personnes ou les intervenants à qui parler de la situation.

Si vous éprouvez toujours de l’inquiétude, communiquez avec le 1 866 APPELLE (277-3553) ou avec toute autre ressource disponible pour évaluer l’urgence de la situation, élaborer un plan d’action et recevoir du soutien.

1 866 APPELLE (277-3553) Consultez la ressource de votre région

« On a vu qu’il n’allait pas bien.
On a fait appel à des ressources pour l’aider. »

Tu as moins de 18 ans

Si un(e) ami(e) ou une connaissance partage avec toi ses idées suicidaires ou ses souffrances, il est important de l’écouter avec ouverture et respect. Il est tout aussi important de prendre ses messages au sérieux et que tu en parles avec un adulte de confiance : un parent, un professeur, un intervenant scolaire (infirmière, psychologue, travailleur social, etc.). Tu ne dois pas porter ce secret seul(e) ou avec ton cercle d’amis.

Rassure-toi : parler à un adulte ne signifie pas que tu trahis la personne qui t’a fait une confidence. C’est plutôt la meilleure façon de l’aider, de prévenir le suicide et de trouver du soutien.

Si tu ne sais pas à qui en parler, appelle la Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553). L’intervenant qui te répondra te guidera de façon simple et chaleureuse.

Réseaux sociaux
et plateformes de jeu en ligne

Vous êtes témoin d’un message inquiétant? Soyez proactif et référez la personne vers les ressources d’aide le plus rapidement possible. Ces gestes peuvent une différence pour protéger les personnes vulnérables en ligne.

  • Soyez empathique et privilégiez des formules qui désamorcent la colère de la personne et favorisent le dialogue (ex. : « j’entends votre souffrance » plutôt que « je vous comprends »).
  • Prenez conscience de son état émotionnel et faites preuve de compréhension : laissez-la ressentir ses émotions et les exprimer.
  • Évitez de la contredire ou de chercher à corriger sa vision des faits.
  • Entendez sa colère, nommez-la, sans pour autant prendre position; essayez de rester neutre et de manifester de la bienveillance, dans une posture de non-jugement.
  • Ne minimisez pas la perte qu’elle a vécue; évitez les formulations telles que « bientôt ça va aller mieux » ou « au moins il (elle) ne souffre plus ».

Important : tournez-vous rapidement vers un intervenant si la personne vous dit avoir des idées suicidaires.

Parler avec une personne
qui a perdu un proche par suicide

Chaque décès par suicide entraîne de nombreuses personnes dans le deuil. Lorsque nous soutenons une personne endeuillée par suicide, il existe des façons de favoriser l’accueil de sa souffrance et de lui offrir de l’aide.

  • Prenez conscience de l’état émotionnel de la personne et faites preuve de compréhension : laissez-la ressentir ses émotions et les exprimer.
  • Posez des questions ouvertes, qui permettent parfois d’obtenir des informations inattendues et qui facilitent l’expression des émotions.
  • Faites attention aux formulations qui pourraient minimiser la perte, par exemple « bientôt ça va aller mieux », « au moins il (elle) ne souffre plus » ou « un jour, cela fera sens ».
  • Encouragez la personne à ne pas rester seule : repérez des personnes de son entourage qui sont moins ébranlées et qui sont capables de lui venir en aide de manière concrète, par exemple en lui fournissant un hébergement, des repas, des services ménagers ou en offrant des soins aux enfants.
  • Sachez que le deuil, dont la durée est variable, est un processus de détachement, une période où l’on doit s’habituer à l’absence de l’autre, réorganiser le quotidien sans sa présence et développer un lien interne. Cela demande du temps.
  • Donnez à la personne les coordonnées de la Ligne québécoise de prévention du suicide, accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 (1 866 APPELLE [277-3553]), ou du centre de prévention du suicide de sa région.
  • Si vous êtes inquiet, posez-lui la question : « Penses-tu au suicide? » Appelez vous-même les ressources d’aide.

Témoignage

Parler du suicide sauve des vies - Michèle Brochu, 2018

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